Lettre de soutien du 03/12/2007

 

 

J’ai connu Baptiste Debombourg à l’école des Beaux-Arts de Paris en 2002 et je l’ai exposé la même année au Passage de Retz pour la première édition de l’exposition, désormais annuelle, intitulée « Première vue ». Ayant observé que le lieu était une ancienne usine de jouets, il avait exposé un urinoir, qui faisait penser à celui de Duchamp, et l’avait construit en Légos multicolores.

 

Lors de cette exposition, j’ai pu apprécier non seulement les qualités artistiques mais encore les qualités humaines de Baptiste Debombourg qui, pour chacune des éditions de « première vue » m’a recommandé des artistes avec beaucoup de générosité. Dans un milieu où chacun peut paraître d’abord tourné sur soi-même, ce n’est pas ordinaire.
Je l’ai réexposé au CCC de Tours où nous avons procédé à un entretien en public. Baptiste Debombourg a l’esprit clair et sait analyser avec finesse et acuité son travail comme celui des autres.Il est également très actif dans toutes sortes de structures où son zèle d’animateur, son enthousiasme, son implication font merveille.Mais c’est l’artiste qui, d’abord, bien entendu, m’intéresse avec ses meubles déchiquetés, recomposés, ses murs qui se boursouflent et qu’on colmate, ses phrases écrites avec des bouts de mégots, ses morceaux de verre éclatés somptueux. Tout cela peut être vu d’une façon sociologique voire politique. J’y vois surtout, du moins autant, l’expression d’une faille qui cherche à se masquer, à se reconstruire. Et un travail qui, se situant volontiers aux limites de l’architecture, respire large.

 

Baptiste Debombourg est un de ces artistes à qui l’on peut faire confiance au delà des curriculum vitae ou des dossiers : c’est une personne qui rendra au centuple ce qu’on lui a donné, encore une fois artistiquement et humainement. Vous verrez, c’est quelqu’un de magnifique. Accordez-lui tout ce qu’il demande : parmi beaucoup de jeunes gens qui se disent artistes et qui m’apparaissent pour beaucoup frelatés, voici quelqu’un d’inventif, de riche et de vrai qui se développera non pas dans l’immédiat pour disparaître dans trois ans, mais dans le long terme. Il vaut la peine d’être aidé.

 

 

Michel Nuridsany 

 

 

Michel Nuridsany est écrivain, critique d'art et commissaire d'exposition. Critique au 'Figaro' pendant plus de 20 ans, il a écrit de nombreux textes sur l'art et a déjà publié plusieurs ouvrages sur l'art contemporain dans le monde.