"Flow", installation contextuelle en verre de pare brises automobiles, 4,3x16x8m, 2013
 
 
Le Flow, c’est la résurrection, la révolte, le miroir soudain de notre société de consommation en masse qui tue les hommes et les objets qu’elle produit en masse. Ici, les pare-brises ressurgissent telle la vague qui engloutit les villes dans les films de catastrophes comme «2012» ou «le jour d’après». Ce sont les objets cassés, jettés, ignorés qui prennent d’assaut l’espace, qui se révoltent et nous assaillent. Comme un vomi ignoré qui dégueule par le haut. FLOW, ce n’est rien d’autre que la formalisation de notre progressif engloutissement dans une consommation où ni les hommes et encore moins les objets ne sont respectés.
 

Il n’y a pas de résilience acquise d’avance sous prétexte que le pare-brise protège de l’éclatement. Il n’y a de résilience que pour la journaliste qui, effrayée, croit encore possible de se croire sauvée dans un océan d’accidents. Ou bien est-ce pour rassurer le futur visiteur d’un trauma qu’on lui évitera de vivre ?
 

Il faudrait revoir les sujets de la peinture classique, romantique, moderne et contemporaine pour comprendre qu’aucun vrai artiste ne cherche à ménager son spectateur. En témoigne la dernière exposition DALI au Centre Pompidou à Paris où les gens se pressent devant des scènes de perversions, de délires, d’inconscient mis à nu, d’inceste.. « Oh ! c’est joli ! On achète la carte postale ? «. Tremblez... les images vous regardent.
 

Avec Flow, ce sont des objets, de la production et même du réchauffement climatique - dont parle cette oeuvre - dont nous mourrons.  
Pas d’être miraculeusement sauvée par un FLOW de concept mielleux.
 

Avant de voir la solution, le miracle, il faut entendre tonner la cataclysme qui surgit. Dans l’oeil de poisson, il y a le cauchemar de Darwin. Quand le développement de l’espèce tue toutes les espèces. On ne nage pas dans une mer de pare-brises, on reste sous le verre, suffocant comme sous la glace, dévoré par nos propres créations. C’est à cette expérience que nous sommes conviés : à prendre conscience de notre folie et notre finitude que nous auto-provoquons.
 

Nul discours politique ou psychologique. C’est la force de l’art.
 

Avec Baptiste, le physique prend toujours un coup. Le choc qu’il donne à vivre, celui-là, est, pour chacun, une porte ouverte sur une éventuelle et possible résilience.
 

L’artiste ouvre la porte comme Moïse écarte la mer. Mais à sa différence, Il n’indique jamais le chemin.
 

 

 

 
 

Antoine Melchior

 

 

 

 

 

L'Oeil de Poisson
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