"Flow", installation contextuelle en verre de pare brises automobiles, 4,3x16x8m, 2013

 

 

 

FLOW ou « Le cri du Leviathan »

 

 

FLOW préfigure notre progressif engloutissement dans un monde auto-suicidaire C’est la secousse qui annonce le chaos, le signe avant-coureur du cataclysme imminent. Surgit du fond des mers, le Leviathan, serpent titanesque aux allures de dragons anéantit le monde avec fracas. La légende n’a plus rien à envier à notre contemporanéité : la société de consommation planétaire a pris l’allure du monstre apocalyptique qui, gueule béante, dévore l’humanité toute entière. L’œuvre de BD en est le cri, la frappe. Ici, le Futur a déjà commencé.

 

  

L’installation fait éclater au visage une image dantesque, la vomissure industrielle. C’est la résurgence, la révolte des objets accouchés puis meurtris que l’artiste ressuscite du chaos. La déjection massive de nos propres créations déchues prend le pouvoir, comme une nature déchainée. Les pare-brises dévorent l’espace, tels la vague qui engloutit les villes dans les films-catastrophes de Roland Emmerich. Ce sont les objets cassés, jettés, ignorés et pris pour morts, qui donnent l'assaut, surgissent tels des revenants crachés des entrailles de la bête.

 

 

Le spectateur n’est plus convié : il est emporté, engloutit, fracassé à l’évènement qui le guette. Dans l'oeil de poisson, il y a le cauchemar de Darwin. Quand le développement de l'espèce tue toutes les espèces. FLOW met en œuvre plastiquement les ravages de l’obsolescence et du réchauffement climatique. Ceux qui, effrayés, croient encore possible d’être sauvés dans un océan d'accidents tenteront, face à l’œuvre, de se raccrocher aux concepts. Ils glisseront comme les naufragés sur la coque du titanic. On ne nage pas dans une mer de pare-brise, on reste sous le verre, suffocants tels des mammifères pris sous la glace, dévorés par nos propres créations…

 

 

Il faudrait revoir les sujets de la peinture classique, moderne et contemporaine pour comprendre qu'aucun vrai artiste ne cherche à ménager son spectateur. Dans notre humanité aveuglée, FLOW nous glace les sangs. C’est le cauchemar contemporain qui se déploie sous nos corps. L’irreprésentable qui jaillit nous tend son miroir pétrifiant. Avec Sartre, l’enfer c’était les autres. Désormais, le monstre : c’est nous.

 

 

« Nous sommes des analphabètes de la peur » écrivait le philosophe Gunter Anders. L’œuvre de BD formalise notre démence collective. Elle accouche d’une vision simultanément cauchemardesque et ultra-réaliste. Avec Baptiste, le physique prend toujours un coup. L’effroi, Le choc qu'il donne à vivre, celui-là, est une porte ouverte sur une éventuelle résilience. L'artiste ouvre la porte comme Moïse écarte la mer mais à sa différence, Il n'indique jamais le chemin.

 

 

 


Antoine Melchior

 

 

 

 

 

L'Oeil de Poisson
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Avec le soutien de la société Lebeau Canada

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