Turbo
octobre 2007

article de Anila Gajevic sur l'exposition "Turbo" présentée à Galerija 10m2 à Sarajevo

 

"L'Artiste conceptuel français Baptiste Debombourg  présente l'exposition "Turbo" à la Galerija10m2. A l'occasion de cette exposition est réalisée une collaboration spéciale avec l'artiste Sébastien Szczyrk sur une oeuvre sonore "original fait avec la bouche". Vernissage-performance le 5 octobre en la présence VIP du Chanteur ado Gegaj, star de turbofolk en Bosnie-Herzégovine. L'exposition sera visible jusqu'au 20 octobre 2007".

 

Ado Gegaj -Nazovi Zbog Nas

   

"Turbo et turbofolk"

 

"Turbo est la première exposition personnelle de Baptiste Debombourg à Galerija 10m2 située à Sarajevo en Bosnie-Herzégovine.

Pour cette exposition, l’artiste a décidé de travailler autour du phénomène musical populaire « le turbofolk » qui existe en Europe de l’Est et la « turbo-attitude » des années 80/90 qui est née en Europe de l’Ouest avec l’industrie automobile. Il est avant tout question d’attitude et de représentation à travers lesquelles, la virilité masculine s’exprime et tente de s’affirmer, en se rassurant sur sa puissance ?

 

En mécanique-auto, le turbo est une machine à récupérer de l’énergie perdue. C’est une sorte d’organe annexe que l’on couple au moteur à combustion interne (essence ou diesel) et qui est destiné à augmenter la pression des gaz admis et ce, afin de permettre un meilleur remplissage des cylindres en air ; ce type de compresseur récupère donc une partie de l’énergie cinétique qui est contenue dans les gaz d’échappements. Au cours des années 80/90, le turbo se démocratise en Europe à tel point qu’il devient un véritable phénomène de mode autant au niveau de la production industrielle que chez les consommateurs. Les constructeurs proposent de nouveaux modèles puissants : la R5 turbo, la BMW 2002 turbo, jusqu’à la Porsche 911 turbo. Le turbo, nouvel organe greffé au moteur, est alors uniquement visible de l’extérieur par le biais des stickers qui permettent d’afficher une supériorité avec l’automobiliste lambda, c’est-à-dire un moyen d’exister «en plus fort !». Avec l’émergence des moteurs-turbo, le tuning se développe en Europe, et certaines anecdotes racontent que des passionnés installent des sortes de sifflets (imitant le bruit du turbo lorsqu’il est en marche) afin de faire entendre aux autres automobilistes le potentiel caché de leur engin. Les stickers fleurissent sur les carrosseries et la nouvelle invention mécanique fait alors naître une véritable turbo-attitude. Le phénomène se propage au-delà du monde de l’automobile pour atteindre la mode, les jouets, voire même la nourriture : on parle d’effet Turbo comme puissance qui naît et accélère le quotidien. Le turbo est ce «plus» que vous rajoutez et qui vous change la vie, vous allez soudainement plus vite, vous voyez donc les choses différemment, c’est plus puissant, ce «plus» qui change tout est en même temps très discret. «Il se greffe simplement à la structure du moteur», Jean-michel monfleuret (préparateur automobile).

 

Dans le turbofolk, le turbo représente le «progrès» avec sa rythmique techno importée de l’ouest et arrangée au folk traditionnel des Balkans… c’est aussi le réveil des Balkans et une volonté de rattraper leur retard sans s’éloigner de leur culture du folk… le cocktail est détonnant et surtout il fait apparaître dans ce mélange hybride une critique insidieuse du consumérisme et du matérialisme capitaliste. Cette musique apparaît dans les années 90 pendant le conflit yougoslave en Serbie à Belgrade. C’était également un instrument de propagande dont l’égérie, Ceca, femme d’Arkan, chef militaire serbe au service de Milosevic, chantait à la gloire de son pays… Avec le temps, cette musique est devenue une mode pour les nouveaux riches, et profiteurs de guerre… Aujourd’hui le style se recycle et fait apparaître de nouveaux genres comme celui d’Azis en Bulgarie, un travesti implanté de silicone à la manière d’un «Mickael Jackson» de l’Est, devenu, malgré un machisme prégnant, le symbole de l’amour et d’un style musical national !

 

Aujourd’hui avec le « turbo folk», le Turbo fait son come-back sur le plan musical. On prend une structure traditionnelle en musique, on lui greffe de la puissance - c’est à dire un rythme techno - et on obtient un mélange hybride : le turbofolk. Ce genre musical met en scène les clichés du pouvoir, de la beauté et des réussites de l’Ouest, à la manière de l’Est, devenant involontairement une critique très suggestive de la société. De l’Ouest à l’Est, le turbo exprime ce même phénomène de volonté de puissance. Le turbo de l'artiste en interrogeant la surenchère machiste, met en péril cette représentation de la puissance masculine et les éléments qui la fondent : volonté de dépassement de soi, recherche d’une perfection, autorité dans la puissance, au travers des représentations matérielles".

 

 

Anila Gajevic est journaliste à Dnevni Avaz, journal quotidien Bosnien, Sarajevo

 

 

Dvevni Avaz

 

Ceca-Crveno 

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Milko Kalaidjiev - kazvaj

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